En ce quatrième anniversaire de la disparition d’André Auberger, le CDH75 partage l’hommage d’Alain Siclis à l’un des grands bâtisseurs du mouvement handisport français, dont l’engagement continue d’inspirer notre mémoire collective.
« Ce 4 août 2026, cela fera quatre ans qu’André Auberger nous a quittés et je ne peux me soustraire à réitérer à nouveau mes mêmes propos ci-dessous.

Les hommages et rappels ne sont pas une tradition dans l’univers du para sport mais certains personnages comme la flamme olympique dans son sanctuaire d’Olympie demeurent éternels, ne s’oublient pas et restent gravés dans le marbre.
Le vieux grognard que je suis, exilé sur les rives de l’Atlantique à La Baule et retiré de la « famille « n’oublie pas tout ce que je lui dois et quitte à prêcher dans le désert je resterai ad vitam le réanimateur de la flamme de ce grand soldat connu et s’il n’en reste qu’un je serai celui-là.
Il y avait du panache chez André Auberger, ancien président mythique et majeur grand bâtisseur de la Fédération Française Handisport, ancien Trésorier Général du CNOSF, co-fondateur du CPSF et de l’IPC.
Véritable arc de triomphe, ce Tourangeau incarnait à lui seul les quatre sculptures du monument de la Place de l’Etoile Charles de Gaulle de Paris : le départ des volontaires, la résistance, le triomphe et la paix. Il y avait aussi de l’épopée dans ce personnage à l’allure de roi Arthur menant durant vingt-sept ans ses chevaliers de « sa » table ronde dans la quête du Graal handisport.
André aura toujours eu cette flamme éternelle d’un engagement sans concession, homme de combat, de culture et de terroir, grand épicurien, amateur du vignoble et des vins de sa chère Touraine, dont leur seule évocation aux doux noms de Bourgueil, Cheverny, Jasnières, Montlouis, Valençay, Vouvray et tant d’autres font frémir l’ivresse des papilles aux senteurs des vignes du seigneur.
Mais l’homme avait aussi des racines en terre d’Auvergne, symbole du bien géré où tout compte, car grand connaisseur du monde du sport, dont l’ovalie en particulier, il fut un indéfectible soutien du stade clermontois qui porte si haut les valeurs rugbystiques sous ses couleurs jaune et bleu.
Homme au caractère bien trempé, André alliait humanisme et altruisme et le monde handisport lui doit admiration et grand respect. Ce fut un vrai « juste », visionnaire, qui ne connaissait pas les obstacles et s’investit sans réserve dans tout ce qu’il entreprit, épaulé par son épouse Marie-Claude, née Le Hé, qui partagea et l’accompagna sans failles dans son parcours d’éternel combattant.
Il restera le Zeus de l’Olympe Handisport et laissera une empreinte indélébile d’une œuvre hors du commun et d’un personnage hors du commun que la jeune génération du mouvement n’aura pas forcément connu voire très peu croisé mais dont son souvenir est le fruit de son action passée.
Le 16 septembre 2022, il devait annoncer dans le salon d’honneur de l’Institution Nationale des Invalides la parution officielle face à la presse et aux autorités civiles et militaires d’un ouvrage « J’aime la France », édité sous l’égide de l’association des écrivains combattants, ouvrage auquel j’ai participé à son expresse demande pour la partie sport et paralympisme et dont il demeure un des 15 co-auteurs.
Qui mieux qu’Alfred de Vigny pour conclure sur cet homme d’honneur qui présida avec entrain la Fondation des Grands Invalides de Guerre : « l’honneur c’est la poésie du devoir ». »
Alain Siclis
Nécrologue et Père Lachaise d’handisport
